lundi 27 juin 2011

A day at the UN


J’aime pas trop cette photo, elle me rappelle le bureau.


Voilà, depuis deux semaine que je fais ce stage je vous ai pas encore parlé du boulot en lui-même, je vais donc essayer de vous décrire comment se déroule la journée type d’un stagiaire à l’Onu.

Chaque matin, je sors de chez moi sur les coups de 11h30. Mon chauffeur Alfred me lance une échelle de corde depuis mon hélicoptère de fonction et nous filons vers le siège des Nations Unies où il me parachute sur le toit. Je tape une balle de golf vers un quelconque building de Manhattan puis je prends un toboggan pour descendre dans mon bureau situé à l’étage juste en dessous. Je m’installe dans mon fauteuil tournant et je pose les pieds sur mon bureau en marbre en attendant que l’une de mes sept secrétaires suédoises m’apporte mes pantoufles. Puis mon ami Minus s’approche de moi et me demande ce qu’on va faire ce soir. Je lui réponds « la même chose que chaque nuit Minus… » Bon ok je vais peut-être m’arrêter là.

Un peu plus sérieusement. Je travaille au sein du département ECOSOC (Economique et Social) de l’Onu dans la branche Coopération Internationale. En gros c’est le département qui dit comment les pays riches doivent soutenir la croissance des pays pauvres, socialement si possible. 99% de blabla, mais bon on sent quand même que les gens qui bossent ici sont pas les derniers des imbéciles.


Les bureaux des gens qui sauvent le monde

Les horaires sont plutôt flexibles (« tu viens quand tu veux, tu pars quand tu veux »), je peux faire des pauses quand j’en ai envie, et les 3 premiers jours je n’ai rien eu à faire vu que mon boss chinois qui devait me donner du boulot ne savait pas trop quoi me donner. Ils sont dans le genre détendu à l’Onu. Et le plus drôle c’est que pendant les deux premiers jours d’orientation on a eu trois heures de conférence sur « Comment gérer le stress au travail »…

M’enfin la glande c’est rigolo deux minutes, j’ai donc DEMANDÉ DU TRAVAIL. Moi. Et à plusieurs reprises en plus. J’ai un peu de mal à m’en remettre. Mais bon du coup on m’a donné de nouveaux boss, un homme et une femme allemands et autrichiens. Jeunes et dynamiques, ils m’ont rapidement donné un poste à responsabilité : je dois leur amener le café tout les jours à 10h30 précise.
Non je déconne. Je dois faire des recherches sur le microcrédit, analyser les moyens les plus efficaces pour l’Onu de soutenir l’activité de microfinance dans les pays en voie de développement et écrire un rapport qui leur servira à organiser un forum international en 2012. Vous vous êtes surement endormi en lisant cette phrase mais moi ça m’intéresse ! Donc bon je suis assez content ca devrais bien m’occuper. Ah et je devrais également aider à organiser un autre sommet international qui aura lieu au Luxembourg en Octobre prochain, donc je ferai aussi du travail administratif à la con, genre établir la liste des participants, gérer la newsletter, etc.


Au niveau des autres stagiaires : on est 350 en tout, entre 19 et 27 ans, répartis dans un peu chaque service de l’Onu. Pas mal d’européens /américains bien sûr, mais aussi beaucoup d’asiats et d’indiens/pakistanais. On doit être une quinzaine de français, la majorité venant de Sciences Po ou la Sorbonne, et une fille de l’Inseec, l’école concurrente de la mienne à Bordeaux (pour la peine jlui parle pas.) On a un social committee, un groupe de stagiaire qui s’occupe d’organiser des soirées ou des visites, chaque lundi ils nous propose un programme pour la semaine ce qui nous permet de nous retrouver autour d’un verre ou d’une assiette et de rencontrer un peu tout le monde facilement.

A mon étage il y a 5 stagiaires: une française qui est déjà là depuis 3 mois, un hollandais bien cool (le seul à vouloir m’accompagner aux soirées après le boulot), une chinoise beaucoup trop sérieuse pour son âge et Maha, une pakistanaise qui bosse juste à côté de moi. Je mange souvent avec elle le midi. Maha est super sympa, elle a 24 ans, une fille de 5 ans et elle est mariée avec son cousin. Véridique, et ça la fait même marrer.


Maha et la cafet du midi

Alfred le hollandais et Qianqian (ou quelque chose du genre) la chinoise


Ah et j’ai oublié de vous parler de ma meilleure amie au travail : une vielle américaine qui vient au bureau en basket, qui est dans le cubical juste à côté de moi et qui parle TOUTE LA JOURNEE. Elle appelle ses copines, elle chantonne, elle joue sur internet, et dès que quelqu’un passe derrière elle elle l’arrête pour lui parler de sa famille ou de ses problèmes d’ordinateurs. Toute la journée. Non-stop. Et tous les jours elle vient me parler « Bonchour David oui ça va ? » dans un français pourri. A l’occasion faudrait que je demande à la sécurité si j’ai le droit de venir au bureau avec une batte de baseball.

Et sinon ce qui est classe c’est qu’en tant qu’intern j’ai le droit d’assister à toutes les conférences officielles que je veux, hormis les conférences du Conseil de Sécurité qui sont top secrètes. J’ai donc par exemple eu l’occasion d’assister à une conférence officielle du PNUD où les ambassadeurs de chaque pays avaient leur table avec leur nationalité dessus et prenaient la parole chacun à leur tour. Conférence assez ennuyeuse il faut bien l’avouer, où chaque pays disait exactement la même chose : « Merci beaucoup l’ONU de nous donner de l’argent c’est merveilleux vous êtes beaux et forts, virgule, mais quand même si vous pouviez en donner plus çaseraitcoolmerciaurevoir». Du coup tout le monde s’ennuyait, l’ambassadrice du Portugal était sur facebook, le nigérian dormait la bouche ouverte et l’espagnol draguait la stagiaire derrière lui. Je savais à quoi m’attendre en assistant à des conférences onusiennes mais bon quand même.


Interdiction de prendre des photos pendant les conférences donc on voit pas grand chose. J'irais en prendre dans la salle de conf principale ca sera plus classe.


Bref, l’Onu, même si c’est le nirvana de la langue de bois et du politiquement correct, c’est quand même sympa, ça me fait une belle ligne sur le CV et c’est toujours marrant de croiser des mecs dans les couloirs qui disent le plus naturellement du monde  « ouais donc hier le premier ministre coréen m’a appelé et blablabla… »


PS : Ah et concernant les petits secrets qu’on s’échange dans les couloirs de l’Onu, j’ai signé une clause de confidentialité donc vous apprendrai rien de moi. (L’assassinat de JFK c’est un coup des chinois !!)

PS2: lors de notre première journée de boulot, le responsable du service Stage de l'Onu qui nous a accueilli nous a dit qu'il était sincèrement désolé que le stage ne soit pas payé, mais que c'était parce que l'Onu "n'avait pas le budget pour"... Le con, j'étais en train de manger un croissant j'ai failli mourir étouffé.

PS3:   en bonus une petite vidéo de présentation d'une journée de Ban Ki Moon, vidéo qui représente assez bien l'atmosphère et le "style" de l'onu




4 commentaires:

  1. Mwahaha ! J'adore ton post ! :D

    Bon courage mon frère, j'attend impatiemment le volume 2 de "La vie de David" ! xP

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  2. "Enregistré dans mes marque-pages" ! Vite la suite. Prems pour acheter ton futur bouquin .
    A très vite donc pour les aventures d'un frenchman à NY.
    Latatideroman

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  3. Super mon David ! Toujours aussi agréable à lire, plein d'humour ;-) Tu as la grande forme ! :-)
    Profite, profite ! ^^
    Bises +++ Mum'

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  4. Resalut ptit cousin,
    quel melting pot cette métropole. L'onu, le "machin" comme l'appellait de Gaulle, c'est sans doute et heureusement un luxe nécessaire. Tant que les peuples se parlent ... Ce que tu vois d'inefficacité à grande échelle tu le retrouveras dans le boulot si tu rentres dans le moule.
    Mais pas de pessimisme, il faut savoir les rouages pour bien en user ensuite. Par contre le conseil d'un de tes contacts d'écrire un bouquin est à suivre, car tant que les gens savent lire....même si il y en a de moins en moins qui lisent.
    Engranges engranges et may be à cet été.
    Avec tes super GRx2 globe trotters on te parlera aussi de l'Irlande; vu le nombre d'Irish qui ont immigré en Amérique on comprend pourquoi ils sont crazy. Qui? Leurs descendants. Bisous Eric H.

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